L'observatoire du bruit du boulevard périphérique

Bruitparif a mis en place un observatoire dédié au bruit du boulevard périphérique. Cet observatoire repose sur l’exploitation des données de 5 stations de mesure continue déployées le long du boulevard périphérique ainsi que sur la mise en œuvre d’une cartographie dynamique innovante du bruit généré par le trafic routier de cette infrastructure.

L’objectif de cet observatoire est de suivre les évolutions des nuisances sonores générées par la circulation du boulevard périphérique en lien notamment avec les transformations qui y sont apportées (notamment abaissement de la vitesse limite autorisée à 50 km/h et mise en œuvre de la voie réservée au covoiturage, transports en commun et taxis).

La plateforme https://periph.bruitparif.fr met à la disposition des acteurs publics et des citoyens les résultats de cet observatoire. Le développement de celui-ci et l’exploitation des résultats qui en découlent bénéficie du soutien de la Ville de Paris dans le cadre d’une convention spécifique couvrant la période 2024-2028.

Le boulevard périphérique en bref

Le boulevard périphérique de Paris, appelé familièrement « périph », est une voie communale parisienne, d'une longueur de 35 km, qui fait le tour de la ville de Paris. Inscrit au plan d'urbanisme directeur de Paris en 1959, le Périphérique est construit de 1956 à 1973. Il est inauguré par le Premier ministre Pierre Messmer le 25 avril 1973.

Doté le plus souvent de quatre voies de circulation dans chaque sens, le boulevard périphérique constitue l’autoroute urbaine la plus fréquentée d’Europe, avec 1,1 million de véhicules (1,3 million d’usagers) qui l’empruntent chaque jour. Malgré une baisse de fréquentation depuis la fin des années 1990, le boulevard périphérique supporte encore les débits journaliers de circulation les plus importants d’Île-de-France avec certains tronçons qui comptent un trafic supérieur à 250 000 véhicules/jour. Il constitue un axe incontournable pour les déplacements au sein de la région Île-de-France périphérique.

De ce fait, c’est également un des axes les plus bruyants d’Île-de-France.

Les actions ayant permis de réduire le bruit du boulevard périphérique au fil du temps

Depuis sa construction, le boulevard périphérique a fait l’objet de différentes mesures visant à améliorer son insertion environnementale et notamment à réduire ses nuisances sonores pour les riverains.

Construction d’écrans et de couvertures

Pour lutter contre les nuisances sonores provenant du boulevard périphérique, un programme de constructions d’écrans acoustiques a été mis en œuvre de 1985 à 1994. Évalué à 320 millions de francs (valeur 1985), il a été financé à 25 % par l'État, 35 % par la Région Île-de-France et 40 % par la Ville de Paris ou les départements et communes riveraines selon le cas. Il a permis de réaliser plus de 13 kilomètres d’écrans acoustiques.

Un programme de couverture de certaines sections du boulevard périphérique a ensuite été engagé en 2000 et a été cofinancé par la Ville de Paris et la Région Île-de-France : la porte des Lilas a ainsi été couverte par 360 mètres de dalle entre 2005 et 2007 (pour un coût de 83 millions d’euros) et la porte de Vanves par 260 mètres de dalle entre 2006 et 2008 (pour un coût de 55 millions d’euros).

Mise en œuvre de revêtements de chaussée anti-bruit

À partir de 2012, des enrobés phoniques sont posés sur le périphérique. Une première expérimentation a été menée en 2012 sur un tronçon de 200 mètres de longueur à la Porte de Vincennes. Devant les résultats très encourageants obtenus (réduction de l’ordre de 7 dB(A) du bruit à la source après la pose, attestée par les mesures de Bruitparif, la Ville de Paris décide de généraliser autant qu’elle le peut la pose de ce type d’enrobé. Fin 2019, 50% du linéaire du boulevard périphérique est ainsi doté d’enrobé phonique.

Il faut toutefois préciser que l’efficacité acoustique de ces revêtements de chaussée diminue dans le temps à raison d’environ 0,8 dB(A) par an, de telle sorte que la périodicité de renouvellement des revêtements devrait être inférieure à 8 ans pour permettre de maintenir un gain acoustique sur la durée.

Abaissement des vitesses limites de circulation

Le 10 janvier 2014, la vitesse limite de circulation du boulevard périphérique a été abaissée de 80 km/h à 70 km/h, ce qui a permis de réduire le bruit de l’ordre de 1,2 dB(A) sur la période nocturne et de 0,5 dB(A) en journée, d’après les relevés des stations de mesure de Bruitparif.

Le 10 octobre 2024, la vitesse limite de circulation autorisée sur le boulevard périphérique parisien a été à nouveau abaissée de 70 km/k à 50 km/h, ce qui s’est accompagnée d’une diminution significative des niveaux sonores, avec une réduction du bruit de 2,4 dB(A) la nuit et de 1,7 dB(A) en journée, d’après les relevés des stations de mesure de Bruitparif.

En cumul, l’abaissement de la vitesse limite de circulation autorisée de 80 km/h avant 2014 à 50 km/h après 2024 aura donc permis de réduire le bruit entre 3 et 4 dB(A) la nuit et autour de 2 dB(A) en journée.

Effets de l’évolution du trafic

Depuis le début des années 2010, une diminution de l’ordre de 10% du volume de trafic en journée a été constatée sur le boulevard périphérique, ce qui s’est probablement traduit par une diminution de l’ordre de 0,5 dB(A) du bruit en moyenne.

Le renouvellement du parc de véhicules sur la même période a pu jouer favorablement également bien que cet effet soit partiellement contrebalancé par l’augmentation de la part de véhicules deux-roues motorisés dans le parc circulant, certains de ces véhicules pouvant être significativement plus bruyants que les véhicules particuliers.

Quels effets potentiels de la mise en œuvre de la voie VR2+ (voie réservée au covoiturage, aux transports en commun et aux taxis) sur le bruit ?

Durant les Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) de Paris 2024, une voie olympique réservée aux athlètes, médias, officiels, secours et forces de l’ordre, a été créée sur le boulevard périphérique (excepté la partie sud, entre les portes de Sèvres et de Bercy). Elle a été équipée de caméras de forme, de capteurs et de signalétique… À l’issue des jeux, ces équipements se sont vus pérennisés afin de permettre la création d’une voie (dite VR2+) réservée au covoiturage, aux transports collectifs et aux taxis. Cette voie VR2+ est entrée en vigueur le 3 mars 2025, avec une activation uniquement du lundi au vendredi, de 7 h à 10 h 30 et de 16 h à 20 h. Cette mise en œuvre est réalisée à ce stade à titre expérimental sans verbalisation.

L’effet de la mise en œuvre de cette voie VR2+ sur le bruit n’est pas facile à prévoir et dépendra de l’évolution des conditions de trafic générée par cette VR2+. L’observatoire du bruit du boulevard périphérique mis en œuvre par Bruitparif a vocation à permettre d‘apporter des éléments d’évaluation à ce sujet.

Les données de mesure du bruit

5 stations de mesure continue du bruit sont déployées le long du boulevard périphérique : au niveau de la Porte d’Auteuil, Porte Pouchet, Porte de Bagnolet, Porte de Vincennes et de la Porte de Châtillon. Les données de ces stations sont consultables en temps réel et sur tout l’historique de données sous https://rumeur.bruitparif.fr.

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Stations permanentes de mesure du bruit déployées le long du boulevard périphérique

En complément de ces stations permanentes déployées le long du boulevard périphérique, des campagnes de mesure temporaire sont également réalisées par Bruitparif, sur des sites proches du boulevard périphérique ou dans un périmètre élargi. Plusieurs grandes campagnes de ce type ont eu lieu : la première en 2009, la seconde en 2020 et la troisième en 2024. Toutes ces données sont consultables sous https://rumeur.bruitparif.fr et font l’objet de rapports publiés.

Le développement de la cartographie dynamique du bruit du boulevard périphérique

Un outil innovant de cartographie dynamique du bruit associé au trafic routier du boulevard périphérique a été développé au cours de l’année 2024 par Bruitparif. Cet outil délivre des cartes du bruit généré par la circulation du boulevard périphérique en temps quasi-réel, à partir des observations de trafic fournies par la Ville de Paris au pas de 3 minutes.

Périmètre d’étude

Le périmètre d’étude pris en compte est constitué de la zone d’influence du bruit généré par le trafic du boulevard périphérique. Ce périmètre correspond au territoire qui est situé à l’intérieur d’une bande de 500 mètres de part et d’autre du terre-plein central du boulevard périphérique, et dans lequel la contribution sonore du boulevard périphérique est susceptible de pouvoir être perçue par les riverains.

Ce périmètre a une superficie totale de 29,1 km2, compte 21 935 bâtiments d’habitation (source : BDTOPO 2019) et 359 499 habitants (source : BDTOPO 2019 avec population INSEE 2016). Il s’étend sur une distance comprise entre 170 mètres et 500 mètres de part et d’autre des bords du boulevard périphérique, en fonction de la configuration des lieux.

Données d’entrée

L’outil de calcul est alimenté par différentes données :

  • Les données de débit et de vitesse de circulation, qui sont collectées par les 167 boucles de comptage qui équipent le boulevard périphérique et qui sont mises à disposition par pas de 3 minutes en temps quasi-réel par la Ville de Paris à Bruitparif ;
  • Des données d’estimation de la composition du parc circulant sur les différentes voies du boulevard périphérique, en fonction de la période de la journée et du type de jour de la semaine ;
  • Des données de qualités acoustiques des revêtements de chaussée, qui ont été collectées grâce à la technologie APACHE brevetée du groupe Renault, dans le cadre du partenariat mis en place entre Bruitparif et le groupe Renault.

Moteur de calcul

Le moteur de calcul dynamique a été développé en précalculant les résultats de bruit généré par chaque tronçon du boulevard périphérique avec une puissance acoustique de référence. Une modulation de ces données précalculées est effectuée à chaque pas de temps de 3 minutes en fonction des données de trafic correspondantes, ce qui permet de tenir compte de la variation des valeurs d’émission par rapport à la situation de référence. Cette étape est suivie par une agrégation des cartes associées aux différentes contributions de tronçons.

Une nouvelle carte de bruit du boulevard périphérique est ainsi produite, en moins de dix secondes, toutes les trois minutes, en tenant compte des conditions spécifiques de circulation associées.

Qualité du modèle

Le modèle fin développé par Bruitparif a été validé par comparaison des résultats de calculs avec les données de mesure collectées dans le périmètre d’étude, notamment celles qui sont issues des cinq stations permanentes déployées par Bruitparif le long du boulevard périphérique (voir partie sur les données de mesure).

La comparaison des données 3 minutes produites par le modèle avec les mesures sur une semaine a permis d’estimer les erreurs systématique (Biais moyen= 0,90) et aléatoire (σ moyen = 1,07) commises par le modèle de calcul. L’erreur quadratique moyenne (EQM = 1,94) est inférieure à 2 dB(A), tout comme les écarts obtenus pour les indicateurs LAeq par période de la journée. En moyenne sur les 5 sites de mesure, l’écart entre les résultats des indicateurs réglementaires par période de la journée produits par le modèle et les données de mesure est inférieur à 0,7 dB(A), ce qui témoigne d’une bonne qualité du modèle.

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Exemple de comparaison « modèle-mesure » au niveau de la station située à la porte de Châtillon en terre-plein central du boulevard périphérique

Les résultats disponibles sur la plateforme https://periph.bruitparif.fr

La plateforme met à disposition du public différents résultats :

  • Les cartes de bruit qui sont produites en temps quasi-réel au pas de trois minutes ;
  • Des vidéos de l’évolution du bruit au cours de chaque jour sur l’historique des données ;
  • Des cartes de bruit agrégées selon l’indicateur LAeq par période de la journée (jour, soirée, nuit) et selon l’indicateur Lden, qui peuvent être consultées sur n’importe quelle période ;
  • Des indicateurs d’impact du bruit généré par la circulation du boulevard périphérique pour la population qui réside au sein de la zone d’influence de celui-ci.
  • Des rapports d’évaluation du bruit généré par le boulevard périphérique pour différentes situations.
Voir les autres contenus de la section Les observatoires spécifiques.
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